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mardi 17 novembre 2009

Away We Go - Critique


AWAY WE GO



Un film de Sam Mendès
2009

On pourrait presque parler d'une carrière irréprochable pour le réalisateur américain quadragénaire Sam Mendès, qui visite les genres à chaque nouveau long-métrage : La satire de l' « American way of life » dans American Beauty, le gangster-movie dans Les sentiers de la perdition, le film de guerre avec Jarhead, et enfin le drame avec Les noces rebelles.

Il est curieux de voir une véritable antithèse entre Away We Go, son nouveau métrage, et Les noces rebelles, le précédent. Ce dernier, qui ressuscitait le désormais mythique couple du Titanic de Cameron, dépeignait la quête de ce couple d'un idéal inaccessible dans une Amérique des années 1950, vouant ce couple à l'échec et au déchirement. Dans Away We Go, c'est un jeune couple amoureux qui finit difficilement ses fins de mois au fin fond du Colorado, et qui, en apprenant qu'ils vont devenir parents décide de partir, cherchant un endroit meilleur pour fonder leur famille. Nous sommes clairement ici en présence d'un Road-movie, filmant l'errance heureuse ou désespéré de ce couple, plus soudé que jamais, parcourant l'Amérique vers leurs amis et proches. Ils vont alors se confronter aux différentes familles, comme face à une future projection d'eux-mêmes. Ainsi Sam Mendès nous confronte à la mère de famille névrosée qui humilie ses enfants; un autre couple qui ne pouvant pas avoir d'enfant noie son désespoir dans l'adoption; A la maman baba-cool qui refuse les poussettes. Ces familles sont alors volontairement à la limite de la caricature, ce qui soude encore plus le couple dans leur quête de ce qu'ils veulent, ou plutôt ce qui ne veulent pas. A la fin d'Away We Go, nous ne sommes pas plus avancés qu'au début, prouvant que ce couple est finalement imperméable au monde extérieur, que c'est à eux de créer leur cocon familial. Comme par rejet du précédent film, Sam Mendès nous laisse alors sur une douce note remplie d'espoir et d'amour, avec cet Away We Go qui aura su me toucher et me faire rire. Apprécions.

M. Candé

2 commentaires:

  1. J'aime bien ta critique M. Candé.
    Je n'ai pas vu le film, mais quand je suis arrivé à la fin de ta critique, je me suis demandé si tu voyais un parallélisme entre "Away We Go" et "Revolutionary Road" dans l'idée de personnages principaux qui ne prendront pas en compte une quelconque aide extérieur, qu'elle soit physique ou conceptuelle ? A la fin du dernier film que j'ai cité, j'avais l'étrange impression d'avoir stagné durant deux heures, pourtant les choses avaient changés, même si l'idée principale restait la même du début à la fin. Est-ce le cas dans "Away We Go" ? Stagne-t-on à ce point? N'y a-t-il pas malgré tout une évolution dans les psychologies des personnages comme c'est le cas dans "Revolutionary Road", selon moi ?

    Dr. Azh

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  2. C'est tout à fait le cas, dans Away We Go on pourrait parler d'un voyage immobile, d'une quête qui ne sert à rien car au final, on est au même point (sujet de ma critique). Dans revolutionnary Road, le voyage est mental, mais les deux personnages vont au bout de celui-ci : l'amérique qu'ils fantasment tout deux, le couple parfait, l'arrivé du bébé,le couple qui part en vrille, fin du voyage. Dans away we go, le voyage mène nul part, le couple est déja soudé, il n'a pas besoin de se rêver dans une amérique (ils essayent dans le film mais n'y arrive pas, ils s'en vont de chaque famille dégouté)

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