
Un film de Marco Bellocchio
2009
Présenté au festival de Cannes 2009, le 33ème long-métrage de Marco Bellocchio, narrant l'histoire simple et vraie de la maitresse de Mussolini, Ida Dalser et du fruit de leur union, d'abord reconnu puis désavoué. La guerre éclate et Mussolini disparaît de la vie de la jeune maman, qui découvre avec stupeur qu'il est déjà marié avec une autre femme et déjà père. Ida finira sa vie en hôpital psychiatrique tout comme son fils, pourtant elle ne se rendra jamais et ne cessera de revendiquer haut et fort la vérité.
Vincere éclate, explose. Dès le générique d'introduction, la musique de Carlo Crivelli nous transporte sur fond d'images d'archives. Le ton est brusquement donné, donnant une qualité fictive et baroque indéniable aux images, la symbiose étant digne d'un opéra. Le réalisateur prend le temps, dans la première partie du métrage, de nous exposer l'emprise érotique de Mussolini sur Ida, qui elle se laisse absorber, complètement prisonnière du futur dictateur. Puis, dans la dernière partie du métrage, lorsque Mussolini la quitte, on ne le revoit, lui acteur, plus jamais à l'écran, pour laisser place au vrai Mussolini, dans ces images d'archives le montrant démago à l'extrême. De même, le réalisateur utilise une certaine masse d'images qui rythment le récit, tel que le Kid ou le Cuirassé Potemkine. Mais la beauté du film réside aussi dans le combat acharné et intrinsèque de la vérité, si cher à Ida Dalser. Car ni les instituts psychiatriques, ni l'enlèvement de son fils qui lui deviendra fou, ni l'abandon de son mari feront plier la belle au yeux bleus qui, emplie d'espoir et d'amour, a lutté toute sa vie pour que la vérité si gênante éclate. Une oeuvre de toute beauté.
M.Candé
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