Looking for something ?

lundi 11 janvier 2010

Tetro


Un film de Francis Ford Coppola

2009



On ne présente plus le réalisateur américain de 70 ans Francis Ford Coppola. On ne lui boude pas non plus son titre d'un des plus grands cinéastes de l'histoire du cinéma. Le réalisateur d'Apocalypse Now revient une fois de plus à Cannes, pour l'ouverture de la quinzaine des réalisateurs de Cannes avec son 28ème film, le sombre Tetro.



Lumière et obscurité. Noir et blanc. Un film tout en clair-obscur, dont la photographie, captée sur support numérique, digne de l'ère du cinéma classique a le don de vous scotcher dès la première minute. Une photographie de prestige qui sert une thématique si chère à Coppola, la famille, qu'il aborda avec succès plusieurs fois comme dans Le Parrain.Coppola nous conte l'histoire de Bennie Tetrocini, joué par Alden Ehrenreich (la révélation du film), qui débarque à Buenos Aires à la recherche de son grand frère, Tetro, devenu un mystérieux poète. Ensemble, ils se souviennent, hantés par un père, célèbre compositeur et surtout autoritaire. Dans la première partie de son film, le réalisateur nous montre des retrouvailles difficiles, présentant Tetro comme d'un boiteux qui s'enferme dans sa sombre chambre, fuyant la lumière qui l'entoure. Puis peu à peu, Bennie découvre qu'un lourd traumatisme pèse dans la famille, ce dernier découvrant des parchemins codés de son frère, les parchemins d'un véritable poète traumatisé par un lointain échec amoureux causé par son propre père. Angelo, devenu Tetro, demeure un fou instable, ne pouvant s'échapper des griffes de son passé. De déchirements en révélations, les deux frères finiront par se retrouver, et vivre malgré les fantômes du passé qui les rongeront à jamais. Coppola nous évade de l'oppressant mais si beau noir et blanc, qui peint cette histoire de douleur familiale, pour des scènes oniriques en couleur, imitant avec brio la saturation des couleurs du Technicolor sur support HD,comme pour montrer les cauchemars qui hantent toujours Tetro, comme l'accident de voiture qui tua sur le coup sa mère, des images qui lui imprègnent encore la rétine.

Au final, Coppola nous propose une tragédie familiale, d'ailleurs à fort caractère autobiographique, (une rivalité telle que celle qui frappe les Tetrocini exista chez les Coppola) magistralement photographiée et mise en scène. Avec l'audace d'un jeune premier, Coppola nous emmène jusqu'au coeur du malaise et nous le suivons, tel un spectateur impuissant; et à 70 ans, il nous prouve qu'il est encore un des plus grands.



M. Candé

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire